Six ans plus tard, en 1958, l’ONU travaille à délimiter les zones territoriales mondiales. L’Islande profite de ces discussions pour augmenter encore sa zone maritime, jusqu’à 12 milles. Le Royaume-Uni décide de ne pas tenir compte de ces directives et de continuer à pêcher dans les eaux islandaises.
Face à des Islandais convaincus de leur bon droit, l’Angleterre fait escorter ses bateaux de pêche par des navires de guerre de la Royal Navy. De son côté, l’Islande engage la responsabilité de l’OTAN et menace de la quitter si aucune action n’est menée. Un accord est tout de même rapidement trouvé. L’Islande préserve sa zone de pêche, les pays étrangers gagnent quelques dérogations.
Les années 60 se passe dans un calme relatif. Jusqu’en 1972. Toujours sur les mêmes motifs, l’Islande éloignent sa zone exclusive. Désormais, la loi autorisent les marins-pêcheurs islandais de naviguer jusqu’à 50 milles. L’Angleterre s’obstine. Elle refuse de reconnaître la souveraineté de l’Etat islandais sur les eaux territoriales. Une guerre d’usure s’engage pendant laquelle les marins islandais prouvent leur talent d’imagination.
Sans armée, non belliqueux, ils sapent le travail des marins anglais. Ils créent de gigantesques cisailles qui leur permettent de couper les câbles des filets de pêche anglais. Une perte sèche pour la flotte britannique. Non seulement ils perdent du matériel cher et précieux, mais leur pêche s’amoindrit. Par ailleurs, le gouvernement anglais décide que les bateaux iront désormais par deux. Un qui pêche, l’autre qui surveille. Cette tactique dessert totalement les intérêts britanniques. La totalité de leur flotte n’étant plus à temps plein sur le travail pur de la pêche.
Deux ans plus tard, l’ONU, toujours elle, organise la conférence de Caracas. La plupart des pays participants sont favorables à une zone des eaux territoriales délimitée à 200 milles. L’Islande en prend bien note et institue une nouvelle loi en 1975. Tous les pays acceptent cette décision et signent des accords avec l’Islande. Tous sauf l’irréductible Angleterre.