La musique islandaise



Qui dit musique islandaise dit... Björk. Elle cultive l'image d'une artiste un peu dérangée, mais engagée. Ces chansons ont fait le tour du monde. Elle reste toujours à ce jour l'Islandaise la plus connue. Pourtant, derrière, de nombreux groupes ont tout autant de talent. Mondialement connus eux aussi, Sigur Rós fait salle comble à chacune de leur tournée. Emilíana Torrini suit les mêmes pas, même si personne ne sait vraiment qu'elle est islandaise. Et tellement d'autres groupes, comme FM Belfast, dont les seuls points communs sont leur énergie, leur folie et l'influence de leur pays et de sa nature. Du rock au pop, en passant par l'électro, découverte de ces artistes hors normes.

Sommaire

Björk

Sigur Rós

Sigur Rós en concert

FM Belfast

Emilíana Torrini



Björk



Ce génie de la pop islandaise a su repousser les limites de la musique et s'imposer dans son pays, et surtout à l'international, séduisant les marchés européens, américains et asiatiques.

Débuts

La jeune Björk Guðmundsdóttir est précoce. À 13 ans, elle sort son premier album homonyme. Et déjà, le succès. Ce premier opus devient disque d'or.

Dès lors, la chanteuse va papillonner de groupes en groupes. Quelques-uns sortent du lot, notamment KULK, qui va pour la première fois faire connaître Björk en dehors de l'Islande, en Grande Bretagne, aux Pays-Bas et en France où est enregistré le seul album live du groupe. Des premiers pas timides avant l'explosion. C'est la fin de KULK et le début des Sugarcubes. Le succès est phénoménal. Sous l'impulsion de son atypique chanteuse, le groupe part en tournée mondiale. Quatre albums plus tard, en 1992, malgré le succès toujours intact, Björk décide de se lancer dans une carrière solo.

Le groupe est dissout, Björk part à Londres enregistrer son premier album.

En solo

Premier album, sobrement intitulé Debut. Le premier single Human Behaviour est bien accueilli par le public comme par les critiques. La tournée est elle aussi un succès. Björk réussit ses débuts en solo.

Son deuxième album, Post, est lui un véritable carton, porté par It's oh so quiet. 1995 est l'année de la consécration pour une Björk dont les compositions restent proches de son univers d'adolescente excentrique.

1997 marque un tournant. Partie en Espagne après avoir été visée par un attentat à l'acide, Björk dévoile dans son nouvel album, Homogenic, une femme plus mature. Sa musique est presque expérimentale, son public ne la lâche pas.

Dancer in the Dark

En 2000, Björk surprend tout le monde. De la musique au cinéma, il n'y a qu'un pas. Elle tourne avec Lars Von Trier Dancer in the Dark. L'Islandaise joue le rôle d'une jeune mère devenant aveugle suite à une maladie génétique. Elle cherche à tout prix, parfois même au mépris de sa propre vie, à rassembler assez d'argent pour faire opérer son fils, également malade.

Cette comédie musicale, très dérangeante, triomphe à Cannes. Björk obtient la palme de la meilleure actrice, Lars Von Trier la Palme d'Or.

Le tournage a fortement ébranlé l'artiste. Björk s'est totalement impliquée dans le personnage, au point d'en ressentir les souffrances. La tension était palpable entre l'actrice et son réalisateur.

Les années 2000

La parenthèse cinéma refermée, Björk retourne en studio. Elle y enregistre au début des années 2000 deux nouveaux albums : Vespertine et Medulla. En 2004, elle chante lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'Athènes, drapée dans une robe de 900m faisant le tour du Stade.

Trois ans plus tard, sort Volta. Plus engagé, un titre en particulier crée la polémique : Declare Independance. En Chine, elle brandira le drapeau tibétain lors de cette chanson, provoquant un tollé. C'est cela Björk, une artiste pleine, n'hésitant jamais à agir selon ses valeurs, parfois à l'extrême.

En 2011, elle nous fait découvrir un univers différent avec Cosmogony. Une musique planante, inspirée de la nature de l'Islande.

Aujourd'hui, Björk est une artiste respectée. Son univers si particulier ne laisse personne indifférent.

Le mouvement écologiste

Face à la crise économique subie de plein fouet par son pays, l'Islande, Björk a décidé d'agir et de proposer des solutions artitistiques au problème. Elle s'implique via le mouvement qu'elle a créé en 2008, Nattura, à préserver les richesses de l'Islande, prioritairement la majestueuse nature du pays.

Comme de nombreux artistes, elle a farouchement été opposée au projet de l'usine d'aluminium qui a dévasté une grande partie du patrimoine naturel islandais.

Pour plus d'infos, le site officiel de la campagne Nattura. Et les commentaires de Björk sur ce mouvement.


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Sigur Rós



Leur musique serait bien trop à l'étroit enfermée dans une étiquette. Certains la jugent éthérée, d'autres minimaliste. Force est de constater que Sigur Rós est tout simplement inclassable. Une brise de liberté venue du nord.

Débuts

Janvier 1994. Au milieu de la nuit perpétuelle. Une jeune Sigurrós (rose de la victoire) vient au monde. Son grand-frère, Jón Þór Birgisson, décide alors de donner son nom à son nouveau groupe, Sigur Rós.

Avec lui, deux amis : Georg Hólm, surnommé Joggi, et Ágúst Ævar Gunnarsson. Le premier est bassiste, le deuxième batteur. Jón lui s'occupe du chant et des guitares. Sa voix particulière identifie immédiatement le groupe.

Le célèbre label islandais Bad Taste (celui qui lança les Sugarcubes puis Björk) fait confiance aux jeunes islandais.

Quatre ans sont pourtant nécessaires à l'élaboration du premier album, Von, qui signifie "espoir".

Une première signature : les morceaux sont intégralement instrumentaux. Expérimentation au possible : guitare à l'archer, façon Led Zeppelin, xylophone, orgue, flûte. Improbable.

Vers l'Europe et au-delà

En 1999, le groupe désormais quatuor (complété par Orri Páll Dýrason qui remplace Gunnarsson et Kjartan Sveinsson) sort son 2ème opus, Ágætis byrjun. Une sortie prévue au départ uniquement nationale. Mais le talent du groupe va vite s'exporter.

Découvert par un label anglais, Fat Cat, Sigur Rós est désormais distribué au Royaume Uni. Ils explosent. Radiohead leur confie la première partie de leur tournée mondiale KidA en 2000.

Le temps est venu pour Sigur Rós de voler de ses propres ailes. Fini les premières parties : les labels américains se le disputent, la première tournée aux USA affiche complet. Porté par un réel engouement médiatique, Sigur Rós devient le groupe à la mode outre-atlantique. Les célébrités viennent en masse aux concerts.

L'Islande est loin, mais pas tant que ça. Troisième album, (). Sigur Rós revient aux fondamentaux. Une musique moins accessible, sans paroles, chanté en Vonlenska (sorte de yaourt made in Sigur Rós). Plus pesant, plus sombre, mais au final, le succès. Toujours.

Takk

Avec Takk, "merci" en islandais, Sigur Rós tape doucement à la porte de l'électro-pop. Sans se dénaturer.

Toujours atmosphériques, les mélodies se mêlent aux expérimentations instrumentales, piano minimaliste et vocalises cristallines. Takk est aujourd'hui le plus grand succès de Sigur Rós. L'album s'est notamment classé seizième des charts anglais.

La tournée suivante est d'ailleurs triomphale, avec comme point d'orgue, l'Hollywood Bowl.

Með suð í eyrum við spilum endalaust (Avec un bourdonnement dans les oreilles nous jouons inlassablement), leur nouvel album, prend à la tête comme au cœur. Toujours ces lignes pures, ces mélodies épurées, encadrées de quelques notes au clavier, de quelques arpèges à la guitare et des cordes du quartet Amiina. La voix de Jón s'envole.

De festivals en tournée, Sigur Rós conquiert l'Europe et le monde.

Le Vonlandais

Traduisez, l'espoir-landais, dérivé d'islandais. Du yaourt, une improvisation vocale, dans des sonorités proches de l'islandais, inventé par Jón Þór Birgisson.

Il remplace les paroles lors de l'écriture des morceaux. Utilisé pour la première fois sur l'album Von, d'où le nom Vonlenska, cet idiome est resté...

...et est devenu une composante essentielle de la musique de Sigur Rós. Certains titres sont chantés en Vonlenska sur les albums. Le troisième opus du groupe, (), est lui entièrement composé et chanté en Volenska.

« Les gens comprennent eux-mêmes, de leur propre manière. Tout le monde entend une signification différente » (Jón Þór Birgisson). Et c'est sans doute cela, la philosophie Sigur Rós.


Lisez la biographie complète du groupe.


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Sigur Rós en concert



Complet. Plus une place depuis des mois. Plus de 6000 personnes au Zénith. Sigur Rós est attendu pour ce seul concert français de la tournée indoor Með Suð í Eyrum Við Spilum.

19h30, point de Sigur Rós mais une délicieuse mise en bouche : "For a Minor Reflection". Quatre musiciens de Reykjavík, pour une musique aux accents Róssiens certains. Instrumentale. Envoûtante. Électrique. Sans chanter une seule note, les 4 jeunes musiciens ont conquis le Zénith.

Peu après 20h30, les lumières se tamisent à nouveau. Premiers échos de Svefn-g-Englar. L'archer frotte les cordes de la Les Paul de Jón, sa voix enveloppe le Zénith. Puissance qui devient évanescence lorsqu'il empoigne sa guitare, la soulève au niveau de ses yeux et chante dans les micros de son instrument.

Premières notes au piano de Fljótavík. Frisson derrière l'échine déjà. Le silence se fait complet dans un Zénith totalement subjugué.

La furie se déchaîne sur Við spilum endalaust. Les cordes de Aamina manquent, mais les quatre garçons de Reykjavík occupent l'espace dans une saturation d'excitants visuels et auditifs. Trop à regarder, trop à écouter.

La musique nous fait voyager. Nous voici sous la douce pluie d'Islande, la fraîcheur envahit la salle lorsque l'eau tombe littéralement devant la scène, créant un rideau de bruine. Le bruit des gouttes accompagne celui des instruments. L'eau se transforme en neige à coup de canon à paillettes, puis en tempête au crépuscule du concert. Déchaînement de la nature. L'archer de Jónsi est détruit, mais il continue de maltraiter sublimement son instrument.

Hafssól. Baguette de batterie sur basse. Le champ de Jónsi s'élève. La basse comme un métronome en fond. Et le pipeau. Quelques notes légères. Le silence se fait. Juste le pipeau, et 6000 personnes envoûtées.

6000 personnes qui se lèvent d'un bloc à la demande du chanteur. Un timide "maybe you can stand up". Les musiciens de "For a Minor Reflection" rentrent sur scène armés de tambours pour Gobbledigook. Le public tape en rythme. Chante. Fusion totale.

C'est l'heure du rappel. Popplagið vient terminer le spectacle. Trop tôt. Dans une explosion de confettis hurlants derrière la scène.


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FM Belfast



Décidément, la musique islandaise s'exporte bien. Après Björk, Sigur Rós et son chanteur solo Jónsi, Gus Gus, Emiliana Torrini, voici que débarque sur les scènes européennes le groupe FM Belfast. Ne demandez pas pourquoi ils ont choisi ce nom ! Personne n'en a aucune idée. Ce qui est certain, c'est que ça ne fait pas très ‘islandais’.

Pourtant, dès que les membres du groupe entre sur scène, cette identité islandaise est immédiatement palpable. Leur look, leur façon de se mouvoir, leur façon de chanter et cet humour indéfinissable.

FM Belfast est en France pour quelques dates. Loin des salles immenses de Bercy, du Zénith, nous retrouvons le groupe au Point Éphémère, sur les bords du canal St-Martin. La salle est minuscule et ne paie pas de mine. En y réfléchissant, l'endroit paraît légèrement glauque, lieu rêvé des punks ou rockeurs acharnés. Un lieu où on entretient un décor à l'abandon pour laisser place à la musique.

Deux mini-concerts chauffent la salle qui se remplit d'Islandais. Les ¾ portent un pull tricoté typique de l'Islande et le quart restant arbore fièrement un drapeau islandais. Aucun doute.

L'heure du concert approche, lumières éteintes, salle comble, jeunes filles hystériques portant un message à destination du chanteur. Tout y est. Et tout à coup, les quatre membres du groupe entrent en scène. Lumière bleutée. Le public hurle déjà. Applaudissements fanatiques. La musique part. Douce. Violente. Électronique. Le chanteur, avec son air de premier de la classe lunettes, nœud-pap et raie bien droite, prend le micro. Les fans se révoltent. La foule danse sur la musique rythmée. Ils dansent et chantent par cœur chacune de leur parole. Impressionnant de cohésion.

Et c'est parti pour plus d'une heure de concert. Ce groupe quasi méconnu en France génère une envolée incroyable parmi le public presque en transe. Tous sont debout et se trémoussent aux sons modifiés. Un des membres du groupe, une sorte de géant blond et squelettique, reste concentré sur son mac, trafiquant les notes à volonté.

Un troisième prend le micro et entame une course folle en short, débardeur et tennis. Le public entame le footing avec eux. Chacun des membres du groupe se laisse aller à la séance sportive improvisée. Bandeau dans les cheveux et bracelets pour éponger la transpiration du sportif, les voilà partis pour quelques exercices tout en entonnant leur chanson. Le public court toujours. Si loin qu'ils montent sur scène et rejoignent FM Belfast. Invasion des fans qui se greffent aux artistes.

L'ambiance est survoltée. Et les choses vont empirer avec leur chanson phare : la reprise de Killing In The Name Of... de Rage Against The Machine. Incroyable version punk-électro. Le public transcendé est conquis. Chaque membre du groupe dégage cette folie islandaise que l'on retrouve chez tous les artistes du pays. Quelques doigts d'honneur puis quelques prières mains jointes, FM Belfast joue sur tous les fronts et semblent n'oublier personne.





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Emilíana Torrini



Article en cours.



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Sources



Site de Björk

Site de Nattura

Site de Sigur Rós

Site de FM Belfast

Site d'Emilíana Torrini

Toutes les sources du site Toute l'Islande ici.


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