La langue islandaise



L'Islandais doit être l'une des langues les plus difficiles au monde. Sans doute la plus difficile d'Europe. Mais c'est également l'une des langues les plus chargées d'Histoire. Plus de 1000 ans d'histoire. Et les Islandais en sont fiers. La langue EST l'Islande. Au-delà de ça, c'est un passé, une identité, une force.

L'islandais appartient aux langues germaniques et donc à la famille des langues indo-européennes. La langue la plus proche est le féroïen.

Pour conserver l'histoire et la force de leur langue, les Islandais tentent de préserver au mieux celle-ci des néologismes étrangers.

La langue est construite sur de nombreuses déclinaisons et donc très complexe à assimiler. De plus, l'alphabet islandais utilise des lettres et accents supplémentaires. Par exemple : 'ð','þ'. Alors que d'autres telles que le 'q' ou le 'c' n'existent pas.

Autre démarque de l'islandais, les patronymes suivent une règle particulière. Chaque Islandais a pour nom de famille le prénom de l'un des parents, suivi de l'attribut 'fils de' ou 'fille de' ('son' ou 'dóttir'). Par exemple, Vigdis Finnbogadóttir est la fille de Finnbogi. Leifr Eríksson est le fils de Erík.



Le norrois



930, Ingólfur Arnason est le premier colon à s'installer sur l'île. Comme tous les scandinaves de l'époque, il parle le norrois. À l'époque, le norrois n'est que parlé, pas écrit. Le christianisme n'a pas encore atteint les régions du nord de l'Europe, l'alphabétisation est inexistante.

Après l'an mil et la conversion de l'Islande à la chrétienté, les choses vont s'accélérer. À l'écrit, les runes vont progressivement être remplacées par l'alphabet latin. Deux lettres restent les témoins de cette ère runique : þ et ð.

L'insularité, et donc l'isolement, vont contribuer à la faible évolution del la langue.

Dès le XIIIe siècle, les Islandais s'approprient définitivement la langue en écrivant les premières sagas. L'isolement islandais va aller en s'accentuant, notamment sous la domination danoise, et la langue ne va guère évoluer. Aujourd'hui, un jeune écolier est capable de lire dans le texte sans difficulté, ces sagas du Moyen-Âge. Un peu comme si les collégiens français étaient capables de lire "La Guerre des Gaules", en latin.

Bien sûr, la langue n'est pas figée. Les linguistes sont constamment en train d'inventer de nouveaux mots pour éviter les anglicismes. Exemple le plus frappant, le mot "ordinateur" : "tölva", mélange de "sorcière" et de "compter", autrement dit 'une sorcière qui compte'.

En attendant la création de ces nouveaux mots, les Islandais, et en particulier les journalistes patientent et n'utilisent pas de mots anglais. La chose n'est pas prise à la légère dans l'île, et les linguistes sont considérés comme des sages veillant à la pureté de leur langue.


(Haut de page)


Les runes



Avant l'an mil et la conversion de l'Islande au christianisme, les Islandais, et d'une manière plus générale, les Scandinaves, ne possédaient pas d'écriture. Les moines ont joué un important rôle d'alphabétisation, qui, trois siècles plus tard, a atteint son apogée avec l'écriture des premières sagas.

Avant cette christianisation, les Islandais devaient utiliser les Runes, non pas pour écrire et communiquer au quotidien, mais dans une optique plus religieuse : des stèles commémoratives, des poèmes, des prières, etc.…

Il existe deux alphabets runiques. Le plus ancien, appelé le Vieux Futhark comportait 24 runes. Il fut remplacé par le nouveau Futhark, de seulement 16 runes.

L'origine

L'alphabet runique est apparu sans doute 200 ans av J.-C. Óðin lui-même aurait soufflé cet alphabet aux hommes.

En vérité, ils se sont sans doute inspirés des alphabets grecs, romains et étrusques. Mais il est aujourd'hui impossible d'en retracer les cheminements.

Ces runes ont été utilisées en Europe et dans le sud de la Scandinavie, avant d'être progressivement abandonnées.

Durant l'âge viking, elles n'étaient plus utilisées que par les Scandinaves.

Dans certaines régions, malgré l'apparition de l'alphabet romain, leur usage n'a jamais vraiment cessé jusqu'au 14ème siècle.

L'alphabet

Il est appelé le Futhark, d'après ses 6 premières lettres. Le nouveau Futhark a remplacé l'ancien autour du 8ème siècle dans un esprit de simplification, notamment parce que certaines runes pouvaient être différentes d'une région à une autre. Ce nouvel alphabet était également plus proche des sonorités du norrois.

Ces runes pouvaient à la fois signifier des lettres, des sons ou des mots.

Les 24 runes de l'ancien Futhark se divisent en trois groupes. Le premier : les 8 de Frey, le dieu de la fécondité. Le deuxième, les 8 de Hagall, qui symbolise les puissances perturbatrices de la vie quotidienne. Enfin, le dernier, les 8 de Tyr, le Dieu de la guerre.

Les supports

Les runes ne doivent surtout pas être écrites sur des matériaux tels que du papier, du carton ou du plastique. Elles devaient être gravées sur des matériaux vivants : du bois, de la pierre ou du métal. Gravées sur les épées, ou autres armes, les runes étaient censées améliorer leur efficacité en invoquant la protection d'Óðin.


(Haut de page)


Alphabet



L'alphabet islandais compte 32 lettres, dont 2 totalement inconnues des Français : þ et ð (th à l'anglaise et z à l'anglaise). Les voyelles peuvent être agrémentées d'accents : á é í ó ö ú ý. Sans oublier æ. La prononciation compte quelques sons inconnus du français également, notamment pour les h (aspirés, inspirés ou gluturaux).

La prononciation des mots est assez sèche et dure. Les 'r' sont roulés (mais plus légèrement que le 'r' espagnol).

Le site de Toute l'Islande s'efforce de conserver les noms propres dans leur écriture islandaise. Par exemple, le dieu Thor s'écrit en fait Þórr. Prononciation : le 'th' anglais, 'o' court et 'r' roulé.


Clavier islandais virtuel







(Haut de page)


Grammaire



L'Islandais est une langue germanique. Elle utilise le système des déclinaisons, comme le latin et l'allemand. Quatre cas : le nominatif, le génitif, le datif et l'accusatif.

Il existe également trois genres différents pour les mots : féminin, masculin et neutre. Rien dans l'orthographe ou la prononciation ne permet de distinguer le genre des mots.

Les verbes se conjuguent en rajoutant la bonne terminaison au radical. Une terminaison différente bien sûr selon le temps : passé, présent, futur, impératif et la personne (je, tu, il, etc.). Une terminaison différente également selon le groupe du verbe (3 groupes). Enfin, il existe deux catégories : les verbes faibles, presque toujours invariable, et les verbes forts, où le radical change selon les groupes et les personnes. L'infinitif du verbe ne permet pas de savoir si le verbe est fort ou faible. Il faut pour cela apprendre par cœur une liste de verbes forts, avec les radicaux modifiés.

L'ordre des mots dans la phrase est régi par une seule règle : le verbe occupe toujours la 2e position. Si le sujet n'est pas en tête de phrase, il sera alors placé juste derrière le verbe.

Exemple avec la phrase : "Nous buvons du café ce soir" donne "Við drekkum kaffi í kvöld". Transformée en "Ce soir, nous buvons du café", l'ordre des mots islandais en est totalement changé : "í kvöld drekkum Við kaffi". Mot à mot : "Ce soir, buvons nous du café".

Enfin, les articles sont attachés à la fin du mot, et non devant comme en français : Hundurinn, le chien (Hundur-inn).


(Haut de page)


Vocabulaire



Les Islandais parlent tous anglais et danois, l'enseignement en est obligatoire à l'école. Se faire comprendre dans le pays n'est pas une difficulté. Cependant, il est toujours agréable d'avoir quelques notions, et quelques expressions en poche avant de visiter une contrée étrangère.


Quelques mots de vocabulaire


Français Islandais Prononciation
Oui Iao
Non Nei Néï
Merci Takk fyrir Tahk férér
Excusez-moi Fyrirgefið Férérguièvéth
Bonjour Góðan daginn Gauthan dayénn
Salut Sæll Saïtl
Au revoir Bless Blèss
Où est… ? Hvar er… Kvar èr
Parles-tu anglais ? Talar þú ensku ? Talar thou ènsku?
Je t'aime Eg elska þig Ièr elska thig
Santé! Skál Skaol
Bière Bjór Bjor
Eau Vatn Vatne
France Frakkland Frahkland
Gauche Vinstri Vinstré
Droite Haegri Haïgré
Femme Kona Kona
Homme Karlmaður Karlmathur



(Haut de page)



Apprendre l'islandais



Il n'existe malheureusement pas de véritable méthode pour apprendre l'islandais en français. Seuls quelques livres et vocabulaires qui se comptent sur les doigts de la main. L'Assimil "L'islandais de poche" étant le plus pratique, mais seulement pour apprendre quelques expressions clés et quelques notions de grammaire.

Sur Internet, quelques sites proposent des cours, gratuits pour certains. Très utiles notamment pour la prononciation.

En anglais en revanche, pas de soucis. Livres, CD-Rom et sites Internet permettent de vraiment progresser. Il faut toutefois suffisamment maîtriser la langue de Shakespeare pour comprendre toutes les notions, notamment grammaticales.

En France, quelques universités proposent un cursus permettant d'apprendre l'Islandais : Caen, Paris IV (La Sorbonne), Strasbourg, Lyon et Lille III.

Apprendre l'Islandais sur le net

Cours Pdf

Dictionnaire

Apprendre l'Islandais

Apprendre l'Islandais en France

À Caen

À Lille

À Lyon

À Strasbourg

À Paris


(Haut de page)


Sources



Islandais express , Guide de conversation pour voyager en Islande, Kristin Jonsdottir, Dauphin, 2010.

L'islandais de poche, Assimil, 2010.

Parlons islandais, Harmattan, 1999.

Vocabulaire islandais, Le Breton et Renaud, Ophrys, 1998.

Grimoire des Runes

Toutes les sources du site Toute l'Islande ici.


(Haut de page)



© 2008-2014 www.toutelislande.fr - Copyright Aurore Guilhamet
Contact : toutelislande@hotmail.fr